Période d’essai en CESU : durée, renouvellement et rupture
En bref — La période d'essai n'existe que si elle est écrite dans le contrat ou la lettre d'engagement : sans écrit, il n'y en a pas. En CDI, elle dure un mois au maximum et ne peut être renouvelée qu'une seule fois, par écrit. Pendant l'essai, chacun peut arrêter sans motif — mais pas du jour au lendemain : un délai de prévenance s'applique des deux côtés, et il est plus long qu'on ne le lit souvent.
C'est une période mal connue, et c'est justement pendant qu'elle court qu'on a le plus besoin de savoir où on en est. Voici ce que prévoient la convention collective des particuliers employeurs (IDCC 3239) et le code du travail.
Sans écrit, il n'y a pas de période d'essai
C'est la règle la plus utile à connaître, et la plus souvent ignorée. L'article 44.1.1 de la convention est explicite : la période d'essai « n'est pas obligatoire. Elle ne se présume pas et doit être expressément prévue par les parties, dans le contrat de travail écrit ».
Autrement dit : pas d'écrit, pas de période d'essai. Un accord oral, un message, une poignée de main ne suffisent pas. Si l'employeur invoque un essai qui n'a jamais été écrit, il n'existe pas — et la rupture obéit alors aux règles ordinaires du licenciement, bien plus protectrices.
Un point de précision utile : pour les salariés du particulier employeur, l'article 131.1 admet que l'essai figure dans le contrat de travail écrit et/ou dans la lettre d'engagement, ce document facultatif qui précède parfois le contrat. L'un ou l'autre suffit — mais il en faut un.
Son objet est double, et il vaut dans les deux sens : permettre à l'employeur de vérifier que le poste vous convient, et vous permettre de vérifier que le poste vous convient.
Combien de temps, exactement
| Type de contrat | Durée maximale | Renouvellement |
|---|---|---|
| CDI | 1 mois | Oui, une seule fois — 2 mois au total |
| CDD de 6 mois ou moins | 1 jour par semaine de contrat, 2 semaines maximum | Non |
| CDD de plus de 6 mois | 1 jour par semaine de contrat, 1 mois maximum | Non |
| Contrat oral | Aucune période d'essai possible | — |
Pour le CDI, la durée vient de l'article 131.1 de la convention. Pour le CDD, la convention renvoie au droit commun, c'est-à-dire à l'article L1242-10 du code du travail : la durée se calcule à raison d'un jour par semaine de contrat prévu. Un CDD de six semaines ouvre donc six jours d'essai, pas deux semaines. Et quand le contrat n'a pas de terme précis, le calcul se fait sur sa durée minimale.
Le renouvellement ne se décide pas en cours de route
Le CDI est le seul contrat dont l'essai peut être renouvelé, et une seule fois. L'article 131.1 pose deux conditions cumulatives : le renouvellement doit être prévu par écrit entre les parties, et l'employeur doit vous en avoir informé au préalable, par écrit.
Un renouvellement annoncé le dernier jour, ou décidé seul par l'employeur, ne remplit pas ces conditions. Et un CDD ne se renouvelle jamais : sa période d'essai est fixée une fois pour toutes.
Arrêter l'essai : libre, mais pas immédiat
Pendant l'essai, le contrat peut être rompu à tout moment, par l'une ou l'autre partie, sans avoir à se justifier. La convention précise que cette rupture se fait par écrit (article 44.1.3).
« Sans motif » ne veut pas dire « sans délai ». Le code du travail impose un délai de prévenance, qui dépend du temps déjà passé dans l'emploi :
| Temps de présence | Si c'est l'employeur qui arrête | Si c'est vous qui arrêtez |
|---|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures | 24 heures |
| De 8 jours à 1 mois | 48 heures | 48 heures |
| De 1 à 3 mois | 2 semaines | 48 heures |
| Au-delà de 3 mois | 1 mois | 48 heures |
La dernière ligne figure ici pour être complète, mais elle ne peut pas se produire en emploi à domicile : l'essai y est plafonné à deux mois, renouvellement compris. En pratique, le palier qui vous concerne le plus est celui des deux semaines.
Deux erreurs qui circulent
« Le salarié doit toujours prévenir 24 heures à l'avance. » C'est faux. Les 24 heures ne valent que pendant les huit premiers jours. Ensuite, c'est 48 heures, quelle que soit la suite. La règle vient de l'article L1221-26 du code du travail.
« Côté employeur, c'est 24 puis 48 heures, et c'est tout. » C'est incomplet, et c'est l'oubli qui coûte le plus cher. Au-delà d'un mois de présence, l'employeur doit deux semaines de prévenance (article L1221-25). Or l'essai d'un CDI peut précisément aller jusqu'à deux mois quand il est renouvelé : le cas se produit donc réellement. Si ce délai n'est pas respecté, il vous est dû en indemnité.
Ce que l'essai ne fait pas disparaître
- Vos heures travaillées vous sont dues, intégralement, y compris le dernier jour.
- Vos congés payés acquis restent dus. En CESU, ils prennent le plus souvent la forme d'une majoration de 10 % versée avec chaque salaire : dans ce cas, ils sont déjà dans ce que vous avez perçu. Si l'employeur a choisi la gestion spécifique des congés — possible au-delà de 32 heures par mois — l'indemnité se règle autrement.
- Les documents de fin de contrat vous sont remis : certificat de travail, solde de tout compte et attestation destinée à France Travail.
En revanche, une rupture pendant l'essai n'ouvre droit à aucune indemnité de licenciement : celle-ci suppose une ancienneté que l'essai, par construction, n'a pas permis d'atteindre. Il n'y a pas non plus de préavis au sens du licenciement — seulement le délai de prévenance ci-dessus, qui est une autre règle et un autre calcul.
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre
- Relisez votre contrat. Cherchez la clause d'essai : sa durée, et si le renouvellement y est prévu. Si elle n'y figure pas, il n'y a pas d'essai.
- Notez la date de début. C'est elle qui commande tout : la fin de l'essai, et le palier de prévenance applicable.
- Demandez l'écrit. Renouvellement comme rupture, tout doit être écrit — c'est une protection, pas une formalité.
- Comptez vos jours de présence avant d'annoncer un départ : passé huit jours, vous devez 48 heures, pas 24.
Dans Domilien, la période d'essai est suivie automatiquement dès que vous la renseignez dans le contrat : vous voyez sa date de fin, le décompte des jours restants, et le délai de prévenance applicable si le contrat s'arrête.
Les textes, pour vérifier vous-même
- Convention collective des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (IDCC 3239) — articles 44.1.1 (mise en place), 44.1.3 (rupture), 44.2 (CDD) et 131.1 (CDI, socle des salariés du particulier employeur).
- Code du travail — articles L1221-25 et L1221-26 (délais de prévenance), L1242-10 (période d'essai en CDD).
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Vérifié le 7 septembre 2026 auprès du texte de la convention collective et du service public. Une convention d'entreprise ou un contrat plus favorable prime toujours sur ces minima.
Sources & vérification
✓ Informations vérifiées au regard des sources officielles — dernière revue : juin 2026. Les montants et règles indiqués sont indicatifs ; en cas de doute, l'URSSAF et votre bulletin CESU font foi.
Édité par Nicolas Granier — Entrepreneur individuel (micro-entreprise). Domilien est une application réelle de suivi CESU (calculs, planning, messagerie), pas un simple site d'articles.
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